A quoi pensez-vous lorsque vous entendez le son [fwa] ?

Si par contre vous lisez ou entendez ceci :

« Il était une fwa

Un bonhomme de fwa

Qui vendait du fwa

Dans la ville de Fwa

Il se dit ma fwa

C’est la première fwa

Et la dernière fwa

Que je vends du fwa

Dans cette ville de Fwa »

Placé dans une phrase ce son [fwa] va pouvoir traduire aussi bien la foi, une fois le foie tout comme parler de Foix, la ville. Il n’y a donc plus de doute ou plus de place à l’interprétation individuelle.

Si, si je vous assure, il y a bien une raison à la présence de cette comptine dans un article sur les complexes.

Pourquoi ?

Déjà, parce que cette introduction est assez symptomatique du sujet que nous abordons et l’illustre bien : « les complexes c’est complexe » ! #j’aime l’humour #humour de psy

Mais c’est aussi et surtout, parce qu’elle me sert à démontrer et nous rappeler :

–       Que pour comprendre une chose il faut pouvoir la situer dans un contexte, avoir un cadre de référence . Alors il sera indispensable de traiter ce sujet en nous ramenant sur les mêmes ondes de compréhension : nous sommes tous complexés !

–       Que deux mots peuvent avoir la même sonorité ou la même orthographe mais qu’ils ont des sens différents (alias les homonymes). Dans le cas des complexes en psychologie, tous les sens du mot « complexe » comptent pour les expliquer et les comprendre.

Un complexe en psychologie c’est quoi ?

Dans le dictionnaire, la définition du mot complexe c’est :

sens 1 : Adjectif : Qui n’est pas simple, compliqué, difficile à comprendre.

sens 2 : nom masculin : Combinaison, mélange. l’union, l’assemblage de plusieurs éléments contenu dans un même endroit.

Exemple : un complexe hospitalier – sportif etc…

En psychologie, cette notion va correspondre à un ensemble d’éléments conscients et inconscients tels que des pensées, des émotions, des actions) [sens 2 du mot] qui vient exprimer et servir autre chose [sens 1].

Vous êtes toujours là ?

Quels sont les différents complexes ?

Il existe toutes sortes de complexes et il serait bien trop simple de trouver une catégorisation, modélisation qui puissent être juste ou se suffire à elle même quelque soit l’exemple évoqué.

J’aurais bien aimé être binaire et vous dire qu’il y a deux catégories de complexes : les conscients / les inconscients, ceux qui concernent notre physique/ notre personnalité, ceux qui sont individuels/universels. Mais ça ne marche pas comme ça.

Alors voici plutôt une liste de plusieurs complexes qui vous concerne, avec leur explication pour les plus curieux d’entre nous :

  • le classique, « Œdipe » : concept crée par Sigmund Freud , décrivant une phase de développement chez l’enfant. Dans la mythologie grecque Œdipe tua son père et se maria avec sa propre mère. Inspiré de cela et en psychanalyse, celui-ci se traduit par une rivalité avec le parent du même sexe pour entretenir un rapport amoureux avec le parent du sexe opposé.
  • le belliqueux « Caïn » : Caïn, fils aîné d’Adam et Ève, tue son frère cadet Abel – Jalousie excessive/haineuse envers une personne considérée comme son rival.
  • le féerique, « Cendrillon » : Décrit dans un des livres de colette Dowling (écrivaine et psychothérapeute) – être dévoué et laisser sa condition/bonheur dépendre des autres.
  • l’intrépide « Peter pan »: développé par Dan Kiley psychanalyste américain – caractérisé par le refus de grandir
  • le douloureux, « castration » : concept freudien, adopter des comportements permettant de surmonter une angoisse de castration (alias privation – manque)
  • l’humble « supériorité » – Introduit par Alfred Adler (médecin et psychothérapeute autrichien) – sentiment d’être meilleur que les autres
  • l’éminent « infériorité » : se sentir inférieur aux autres
  • le fier « Napoléon » : vécu d’infériorité physique (petite taille, handicap) compensé par un comportement qui prend beaucoup de place.

Cette liste est évidement non exhaustive : il pourrait s’ajouter le complexe d’abandon, de culpabilité, d’Electre, de sevrage, d’insécurité – etc… etc…

Des fois c’est le terme de « syndrome » qui est employé.

Comment ils se manifestent ?

Dans le monde des psy, lorsque l’on dit qu’une personne est complexée, c’est plutôt une bonne nouvelle ! Entendons nous bien, je ne me réjouis pas de la souffrance des gens, loin de là. Ce que je veux démontrer c’est qu’avoir un complexe » ne fait pas nécessairement ou uniquement référence à quelque chose de douloureux, qui fait souffrir une personne.

Toutes les personnes que vous côtoyez, vous même inclus, et même celles que vous ne connaissez pas ont au minimum du minimum 1 des complexes de la précédente liste. En fait être complexé c’est universel, c’est relatif à l’être humain, c’est inévitable.

Ainsi, pour le psychologue, savoir comment la personne est complexée (peu de complexes ? trop de complexes ?) sera un indicateur de plus qui lui permettra de comprendre et d’aider la personne qu’il a en face de lui. Sans jugement de valeur bien sûr, car l’idée n’est pas de vous dire si c’est mieux d’avoir « Peter Pan » ou « Cendrillon ».

L’expression du complexe sera quant à elle très individuelle. En effet, il ne se manifestera pas de la même manière chez tout le monde. Pour certaines personnes parler trop fort, rigoler trop fort sera la manifestation de leur complexe, pour d’autres ce sera l’inverse (ici l’inverse ce sera de parler avec une voix trop faible). Pour certains ce sera de se trouver trop gros, trop maigre, trop petit, trop grand, trop jeune, trop vieux, trop bien, trop nul, trop fort, trop faible etc etc… vous avez compris l’idée je pense.

La similitude que l’on retrouve dans la manifestation d’un complexe ce sera ce « trop » de quelque chose qui n’est pas spécialement conscientisé par la personne.

Le complexe se retrouvera alors aussi bien dans une attitude, dans une personnalité, dans un ton de voix que dans des pensées ou des non pensées (traduction d’une non pensée : « euh non ça ne m’était jamais venu à l’esprit, je n’y ai jamais pensé ») etc.

Il peut aussi s’exprimer dans un jugement de valeur que l’on porte sur nous même. C’est généralement ce jugement qui peut être douloureux, très douloureux à vivre. Mais pas toujours. Une personne qui se trouve trop géniale n’est à priori pas triste et pourtant elle est tout autant complexée !

A quoi ça sert ?

Que le complexe s’exprime part « je n’aime pas ci ou ça dans mon physique », « je ne me sens pas à la hauteur » ou part « ça ne m’ait jamais venu à l’esprit d’envisager de coucher avec tel membre de ma famille » il aura la même mission.

La fonction d’un complexe, sera de NOUS protéger et NOUS préserver. Le nous auquel je fais référence ici correspond aussi bien à nous-même (soi) et à un collectif : notre espèce/ notre condition d’être humain et d’être sociaux.

Notamment et entre autres, les complexes nous permettent de ne pas franchir les 3 grands interdits fondamentaux (tabous) de notre culture. Dans la nôtre, c’est à savoir : le meurtre, l’inceste et le cannibalisme.

Désormais lorsque vous entendrez quelqu’un vous dire qu’il n’est pas complexé : souriez gentiment, il s’agit probablement d’un abus de langage, ou FUYEZ !!!!

Un complexe est un mécanisme de défense, ça nous protège donc de nos peurs, de nos traumatismes, de ce qui serait trop violent à vivre au niveau conscient (le préciser à son importance) pour la personne. Même lorsque nos complexes s’expriment par une souffrance, sont douloureux à vivre « je n’aime pas ça sur mon physique », « je me sens nul(le) » etc… c’est là pour vous protéger.

Et oui la complexité là dedans c’est que l’être humain sait très bien se protéger d’une souffrance part une autre souffrance.

les complexes sont des mécanismes de défense, ils nous protègent de nos peurs, nos traumatismes

Le cerveau est à imaginer comme un réseau de matriochka (ces petites poupées russes). La petite du milieu va être la plus « vulnérable », c’est celle qui renferme vos plus grandes peurs, vos traumas. Les autres poupées en sont les gardiennes elle vont tout faire pour protéger cela même si ce ne sera pas agréable à vivre.

 

Carl Gustav JUNG disaient que « les complexes, se comportent comme des malins génies cartésiens »

Comment se défaire de nos complexes ?

Les médias nous assaillent d’astuces et de « dossiers psycho » pour « sortir de vos complexes ». Nous nous trompons de bataille.

Si vous avez lu depuis le début, au regard de leurs « bénéfices » l’idée n’est donc absolument pas de s’en débarrasser. Nous sommes tous complexés et c’est important !

En revanche, il est bien sûr possible de ne pas ou plus souffrir de ceux ci lorsqu’ils s’expriment de la sorte. Ceci commence par le fait de comprendre ce que c’est, quels sont les apports, ce qu’il viennent traduire etc… d’où cet article 😉

Ensuite, si vous voulez aller plus loin, un des principes de bases qu’il est important de retenir c’est qu’il n’y a pas de recette miracle que l’on pourrait calquer sur tout un chacun !

Exemple : Quand bien même deux individus ont un mal être qui se localisera sur la même partie de leur corps, que cela va venir affecter les mêmes choses : la solution ne pourra pas être similaire. Pour l’une des deux personnes la solution pourra être la chirurgie pour l’autre non.

La résolution d’une souffrance est unique tout autant que vous l’êtes.

Un complexe est une machine bien pensée. Une technologie compliquée avec plusieurs systèmes dont il n’y a pas qu’une seule et unique clé.

C’est à la fois :

  • Un brouilleur d’ondes. « quand le sage montre la lune l’imbécile regarde le doigt », et oui ce n’est pas parce qu’il va vous indiquer votre nez que c’est lui le « problème ». Il vient vous détourner l’attention de quelque chose en vous focalisant sur une autre donnée.
  • Un couteau suisse. Au même endroit peut se loger plusieurs complexes.
  • Un jeu de mikado. C’est à dire une structure qui tient comme elle peut, ce pourquoi nous nous devons d’être vigilant à ne pas la faire s’écrouler si nous décidons d’en retirer un.
  • Un boomerang. Il peut revenir même si vous vous en êtes « débarrassé ». Ce pourquoi certaines personnes ne se sentent pas mieux après une modification physique.

Ainsi, pour les « dépasser » il n’y aura pas de pratiques, d’approches ou de méthodes toutes faites ! Cette organisation mentale/cérébrale vous appartient et vous êtes les seuls détenteur de la clé. Imaginez  ceci comme un jeu pour « detective experts »….

Alors, si vous souhaitez enquêter sur vos complexes, le cabinet Terre Happy reste à votre écoute 😉 (en ligne ou sur Lyon 1er).

♦ Pour aller plus loin :

Toujours dans cette idée de mieux se comprendre et se connaître, j’ai abordé d’autres notions comme l’échec, les émotions (en déclinant les émotions primaires colère, peur, tristesse, dégoût, joie), le QI…

N’hésitez pas à les lire.